L'Afrique représentera 45 % du nouvel indice obligataire des marchés émergents de JPMorgan
TLDR
- JPMorgan s'apprête à lancer d'ici septembre l'indice de référence « GBI-EM Edge » dédié aux obligations d'État en monnaie locale des marchés frontières, les marchés africains représentant 44,5 % de la pondération.
- Le Nigeria fait son retour dans un indice de référence de JPMorgan après plus d'une décennie, avec une contribution de 17,47 milliards de dollars et un rendement moyen de 17,1 %.
- L'indice affiche un rendement moyen de 10,4 %, ce qui en fait une référence pour les économies de pays émergents bénéficiant d'un capital de portefeuille international limité.
JPMorgan lancera d'ici fin septembre un nouvel indice de référence pour les obligations d'État en monnaie locale des marchés frontières, accordant aux marchés obligataires africains la plus forte pondération régionale. Le GBI-EM Edge suivra environ 328 milliards de dollars répartis sur 425 obligations dans 26 pays et 24 devises. Les marchés africains représenteront environ 44,5 % de l'indice, contre 31,5 % pour l'Asie.
L'Égypte et le Maroc bénéficieront chacun de la pondération maximale de 8 %. Le Nigeria aura une pondération de 7,4 %, le Kenya de 6,91 %, la Tunisie de 5,32 % et l'Ouganda de 4,84 %. Parmi les autres pays africains représentés, on trouve la Côte d’Ivoire, l’Angola, la Zambie et le Ghana. Chaque obligation éligible doit avoir un encours d’au moins 250 millions de dollars et une durée résiduelle supérieure à 2,5 ans, tandis que les pondérations par pays sont plafonnées à 8 %.
L’intégration du Nigeria marque son retour dans un indice de référence JPMorgan dédié aux obligations en monnaie locale, plus d’une décennie après son retrait de l’indice phare des marchés émergents de la banque en 2015. Ce nouvel indice est distinct de cet indice de référence. Le Nigeria y contribue à hauteur de 17,47 milliards de dollars répartis sur 16 obligations éligibles, avec un rendement moyen de 17,1 % et une notation souveraine « B- ».
L’indice offre un rendement moyen d’environ 10,4 %, soit environ 4,4 points de pourcentage de plus que le principal indice de référence de JPMorgan pour les marchés émergents en monnaie locale. L’Angola a déjà pris des mesures pour ouvrir son marché obligataire national, d’une valeur de 18,6 milliards de dollars, à davantage d’investisseurs étrangers, tandis que la Zambie a augmenté le volume de ses émissions obligataires locales afin de satisfaire aux critères d’éligibilité.
Ce lancement pourrait offrir aux gestionnaires d’actifs un indice de référence commun pour des marchés qui attirent peu de capitaux issus des portefeuilles internationaux. Les économies «frontières» regroupent environ 20 % de la population mondiale, mais ne représentent que 3,1 % des flux de capitaux mondiaux. Cet indice permet aux investisseurs internationaux de comparer les rendements des titres de dette locaux tout en tenant compte des risques liés à la devise, à la liquidité et à la solvabilité souveraine.
Points clés à retenir
Le GBI-EM Edge pourrait jouer un rôle déterminant en permettant aux gestionnaires de fonds internationaux d’évaluer plus facilement les obligations africaines libellées en monnaie locale et d’y allouer des capitaux. L'intégration dans un indice ne garantit pas d'importants afflux de capitaux étrangers, mais les indices de référence influencent les domaines dans lesquels les gestionnaires actifs recherchent des opportunités et ceux dans lesquels les fonds indiciels investissent. Avec une pondération de 44,5 %, l’Afrique occupe une place centrale dès le lancement de l’indice, le Nigeria, l’Égypte, le Maroc et le Kenya représentant l’essentiel de cette exposition. L'emprunt en monnaie locale modifie également le risque pour les gouvernements. Contrairement à la dette libellée en dollars, les obligations libellées en naira, en shilling ou en livre ne deviennent pas plus coûteuses pour l'État simplement parce que la monnaie nationale s'affaiblit par rapport au dollar. Les investisseurs assument toutefois eux-mêmes ce risque de change, ce qui contribue à expliquer les rendements plus élevés offerts par l’indice. Le rendement moyen de 17,1 % du Nigeria en est un exemple. Le défi consiste à maintenir ces marchés suffisamment accessibles pour que les investisseurs étrangers puissent y entrer, recevoir leurs paiements et en sortir sans délai. Les réformes menées en Angola et les émissions obligataires plus importantes de la Zambie montrent que les règles de l’indice peuvent d’ores et déjà influencer la politique de financement des gouvernements. Si l’indice de référence attire davantage de capitaux au fil du temps, cela pourrait renforcer les marchés obligataires nationaux et réduire la dépendance vis-à-vis des euro-obligations, mais les gouvernements auront tout de même besoin de monnaies stables, d’une politique budgétaire crédible et d’une liquidité suffisante pour maintenir l’intérêt des investisseurs.

Nouvelle Frontière
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