L'Africa Finance Corporation lève 431 millions de dollars grâce à une émission d'obligations numériques
TLDR
- AFC lève 350 millions de francs suisses grâce à une obligation numérique à 5 ans, ce qui marque la première émission d'obligation numérique par une entité africaine cotée, négociée et réglée via une infrastructure de marché numérique réglementée.
- Ce titre tokenisé s'appuie sur la technologie des registres distribués ; il est coté à la SIX Swiss Exchange, et 90 % de la demande provient d'investisseurs suisses.
- Ces fonds serviront à soutenir des projets d'infrastructure et industriels en Afrique, s'inscrivant ainsi dans la lignée des investissements importants réalisés par l'AFC dans divers secteurs depuis sa création en 2007.
L'Africa Finance Corporation a levé 350 millions de francs suisses, soit environ 431 millions de dollars, grâce à une obligation numérique à 5 ans, dans le cadre de la diversification de ses sources de financement par cet organisme de crédit spécialisé dans les infrastructures. L'émission du 12 août serait la première obligation numérique d'une institution africaine à être cotée, négociée et réglée via une infrastructure de marché numérique réglementée. Elle est assortie d'un coupon de 1,4925 % et a été émise dans le cadre du programme mondial de billets à moyen terme de l'AFC, d'un montant de 5 milliards de dollars.
Cette obligation est un titre tokenisé qui utilise la technologie des registres distribués pour enregistrer la propriété. Elle est cotée à la SIX Swiss Exchange et déposée auprès de SIX Digital Exchange, la compensation et le règlement étant assurés par SIX SIS. L’AFC a déclaré qu’il s’agissait de la plus grande obligation numérique émise sur le marché du franc suisse. La Commerzbank a joué le rôle de chef de file technique, tandis que la Deutsche Bank a contribué à l’organisation de la transaction.
Les investisseurs suisses ont représenté environ 90 % de la demande, les comptes internationaux en représentant 10 %. Les banques et autres institutions financières ont représenté 57 % du carnet d’ordres, les gestionnaires d’actifs 37 % et les fonds spéculatifs 6 %. Il s’agit de la quatrième émission en francs suisses d’AFC, qui fait suite à son obligation verte de 150 millions de CHF émise en 2020.
Cette opération vient s’ajouter à la levée de fonds réalisée par AFC en 2026. La société a également émis, plus tôt cette année, une obligation senior non garantie à 5 ans d’un montant de 500 millions de dollars. L’AFC bénéficie d’une notation « A » avec une perspective positive attribuée par S&P Global Ratings, tandis que Moody’s a confirmé, le 14 août, sa notation « A3 » avec une perspective stable. À la fin de l’année 2025, l’institution affichait un total de bilan de 19,23 milliards de dollars et un bénéfice net de 444,8 millions de dollars.
L’AFC utilisera le produit de cette émission pour répondre à ses besoins de financement généraux, ce qui lui donnera davantage de moyens pour financer les infrastructures et l’industrie à travers l’Afrique. Fondée en 2007, l’institution compte 48 pays membres et a investi environ 18,5 milliards de dollars depuis sa création. Son portefeuille couvre les secteurs de l’énergie, des transports, des télécommunications, des ressources naturelles et de l’industrie lourde.
Points clés à retenir
L’intérêt de l’obligation émise par l’AFC réside moins dans le fait qu’elle utilise la technologie blockchain que dans ce que cette technologie n’a pas changé. Les investisseurs ont toujours acheté une obligation réglementée émise par une institution notée « investment grade », assortie d’un coupon fixe, d’une échéance à 5 ans et d’un règlement via une infrastructure de marché. La différence réside dans le fait que les registres de propriété utilisent la technologie des registres distribués au lieu de s’appuyer uniquement sur les systèmes utilisés pour les titres traditionnels. Cette transaction s’inscrit ainsi dans une démarche plus large des marchés financiers visant à tester si la tokenisation peut rendre l’émission, la négociation et le règlement des titres plus efficaces sans remettre en cause les protections juridiques et les garanties dont bénéficient les investisseurs. Pour AFC, cette opération ouvre également un nouveau canal de financement. Environ 90 % de la demande provenait d’investisseurs suisses, ce qui a permis à la société d’accéder à des capitaux en dehors de sa base d’investisseurs en dollars. C’est important pour une institution finançant des projets d’infrastructure qui peuvent nécessiter des années de financement avant de générer des rendements. L’AFC n’affecte pas ces 350 millions de francs suisses à un projet unique. Ces fonds viendront alimenter son fonds de financement général, qui peut être utilisé pour l’octroi de prêts, le développement de projets et les investissements. Le principal enjeu sera donc de déterminer si un accès plus large aux capitaux aidera l’AFC à accroître le financement de projets susceptibles de générer de l’énergie, des liaisons de transport, des capacités industrielles et des infrastructures numériques dans l’ensemble de ses pays membres.

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