La Côte d'Ivoire prévoit de relancer sa production de diamants
TLDR
- La Côte d'Ivoire prévoit de relancer la production de diamants à Séguéla, en collaboration avec des experts du Botswana, afin de redynamiser ce secteur en déclin.
- Le gouvernement entend conclure un accord de coopération minière avec le Botswana afin de soutenir la production de diamants dans la région.
- Ce plan de relance s'inscrit dans la stratégie de la Côte d'Ivoire visant à diversifier le secteur minier, à dynamiser l'activité économique locale et à développer la chaîne de valeur du diamant.
La Côte d’Ivoire prévoit de relancer la production de diamants à Séguéla, ancien pôle minier situé au nord-ouest du pays, alors que le gouvernement cherche à redynamiser un secteur en déclin depuis des décennies.
Mamadou Sangafowa Coulibaly, ministre des Mines, du Pétrole et de l’Énergie, a annoncé ce projet lors d’une visite à Séguéla le 25 juin. Il a déclaré que le gouvernement avait obtenu l’autorisation de relancer la production de diamants dans la région, qui fut autrefois l’une des principales zones diamantifères de la Côte d’Ivoire.
Le gouvernement collabore avec le Botswana, premier producteur africain de diamants en valeur, pour soutenir cette relance. Des experts botswanais se sont déjà rendus dans la région, et les deux pays devraient officialiser un accord de coopération minière cette année.
L’exploitation diamantifère en Côte d’Ivoire remonte à la fin des années 1940, après la découverte de gisements à Tortiya. La production industrielle s’est ensuite développée à Tortiya et à Séguéla. Au milieu des années 1960, le pays produisait près de 200 000 carats par an, dont environ 172 000 carats provenaient des mines de la SAREMCI.
Depuis, la production a chuté. La production officielle de diamants bruts est passée de 20 235 carats en 2016 à 4 015 carats en 2020, soit une baisse de plus de 80 %. Les analystes attribuent cette baisse à l’épuisement des anciens gisements, à la fin des campagnes d’exploration et à la réorientation des mineurs artisanaux vers l’or.
Ce plan de relance intervient alors que la Côte d’Ivoire développe son secteur minier grâce à la production industrielle d’or et aux découvertes pétrolières offshore. Le gouvernement souhaite que les diamants soutiennent la diversification, l’activité économique locale et le développement de la chaîne de valeur, de l’exploration à la fabrication de bijoux.
Points clés à retenir
Le plan de relance du secteur diamantaire en Côte d’Ivoire ne se limite pas à la reprise de la production. Il s’inscrit dans un effort plus large visant à diversifier le secteur minier et à ne plus se limiter à l’or. Les diamants ont autrefois joué un rôle important dans l’histoire minière du pays, mais l’industrie s’est affaiblie à mesure que les gisements s’épuisaient, que les mines industrielles fermaient et que les mineurs artisanaux se tournaient vers des sites aurifères plus rentables. La collaboration avec le Botswana permet à la Côte d’Ivoire d’accéder à un pays doté d’une grande expérience en matière de gouvernance du secteur diamantaire, de création de valeur ajoutée et de gestion du secteur. Cela est essentiel, car relancer la production diamantaire sans règles claires risquerait d’entraîner une exploitation minière informelle, une traçabilité insuffisante et des retombées locales limitées. L’objectif déclaré du gouvernement, qui est de mettre en place une chaîne de valeur intégrée, de l’exploration à la joaillerie, témoigne d’une ambition de capter davantage de valeur que ne le permet l’extraction brute. Le défi consistera à prouver que les gisements commerciaux restent viables, à attirer des opérateurs crédibles et à garantir que l’exploitation minière profite aux communautés locales de Séguéla et, plus largement, du district de Woroba. S’ils sont bien gérés, les diamants pourraient constituer un pilier supplémentaire de l’économie extractive en pleine croissance de la Côte d’Ivoire.

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