Le Ghana prévoit la construction d'une centrale au gaz de 1 200 MW alors que les coûts du secteur de l'électricité ne cessent d'augmenter
TLDR
- Le Ghana se lance dans la construction d'une centrale électrique au gaz d'une puissance de 1 200 mégawatts afin d'améliorer l'approvisionnement en électricité et de réduire les coûts.
- Un projet public mené dans la Région centrale devrait dépasser la centrale hydroélectrique d'Akosombo, dont la première phase devrait être opérationnelle d'ici 2028.
- Cet investissement vise à réduire les pertes financières dans le secteur de l'électricité, en cherchant à faire baisser les tarifs de l'électricité et en favorisant la production d'électricité à partir du gaz.
Le Ghana poursuit la construction d'une centrale électrique au gaz d'une puissance de 1 200 mégawatts, le gouvernement cherchant à améliorer l'approvisionnement en électricité et à réduire les coûts qui continuent de peser sur les finances publiques. Ce projet public sera construit à Kafodzidzi-Abrobeano, dans la région du Centre, et deviendrait la plus grande centrale électrique du pays, dépassant la centrale hydroélectrique d’Akosombo, d’une puissance de 1 020 mégawatts.
Le ministre des Finances, Cassiel Ato Forson, a déclaré que les études de faisabilité avaient confirmé la viabilité du projet, tandis que les travaux liés à l’environnement, à l’ingénierie et à l’obtention des autorisations sont en cours. La première phase, d’une puissance de 600 mégawatts, devrait entrer en service en 2028. Le Ghana s’est procuré des turbines à gaz auprès de GE Vernova, le gouvernement estimant que cela lui permettra de réaliser des économies de 35 % à 45 % par rapport à l’achat de ces équipements auprès de tiers.
Cet investissement intervient alors que le Ghana s’efforce de réduire les pertes financières de son secteur électrique. La Banque mondiale estime que les retards pris dans les programmes de relance du secteur énergétique coûtent au pays environ 1 milliard de dollars chaque année. Le Fonds monétaire international prévoit que le déficit de financement du secteur atteindra environ 1,1 milliard de dollars en 2026, en raison des pertes sur les recouvrements, des problèmes de distribution et des contrats de production d’électricité.
Le gouvernement affirme que la nouvelle centrale pourrait réduire les coûts de production et permettre une baisse de 10 % à 20 % des tarifs d’électricité. Il développe également une installation de traitement du gaz capable de traiter 100 millions de pieds cubes standard par jour. Le Ghana a progressivement remplacé une part croissante de sa production thermique à partir de combustibles liquides par du gaz naturel, une mesure qui, selon le gouvernement, a permis d’économiser environ 500 millions de dollars au cours de l’année écoulée.
Le financement reste un défi. M. Forson a appelé à recourir à des garanties, à un financement mixte, à des financements en monnaie locale, aux marchés des capitaux et à des partenariats public-privé pour soutenir les investissements dans le secteur de l’énergie. Le Ghana s’efforce d’accroître sa production d’électricité tout en poursuivant ses réformes budgétaires à la suite de sa crise de la dette, ce qui limite le montant des nouvelles infrastructures pouvant être financées par le budget de l’État.
Points clés à retenir
Le problème du Ghana ne réside pas seulement dans sa capacité à produire suffisamment d’électricité, mais aussi dans sa capacité à produire et à distribuer cette énergie à un coût abordable pour les consommateurs et l’État. Le pays est confronté depuis des années à des factures impayées, à des pertes au sein des services publics et à des contrats qui exigent des paiements même lorsque l’électricité n’est pas nécessaire. Le déficit du secteur de l’énergie s’élevait à environ 1,4 milliard de dollars en 2025 et devrait rester supérieur à 1 milliard de dollars en 2026. Le Ghana a toutefois réalisé certains progrès : le gouvernement affirme avoir remboursé environ 1,47 milliard de dollars de dettes énergétiques héritées du passé, amélioré les paiements versés aux producteurs indépendants et économisé environ 500 millions de dollars en remplaçant les combustibles liquides importés par du gaz national. Une centrale de 1 200 mégawatts pourrait tirer parti de cette évolution si l’approvisionnement en gaz reste assuré et si ses coûts de production sont inférieurs à ceux des alternatives existantes. Mais l’augmentation de la capacité à elle seule ne suffira pas à redresser le secteur. Le Ghana a également besoin que les services publics perçoivent davantage de recettes, réduisent les pertes de distribution et maintiennent des tarifs couvrant une plus grande partie du coût de l’électricité. Le financement de la centrale sans alourdir la dette publique constituera un autre défi. C’est pourquoi le gouvernement privilégie les capitaux privés et les structures de financement mixte plutôt que de s’appuyer uniquement sur l’emprunt public.

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