Le Nigeria propose des allègements fiscaux pour attirer 50 milliards de dollars dans des projets pétroliers offshore
TLDR
- Le Nigeria met en place des crédits d'impôt pouvant atteindre 11,50 dollars par baril pour les projets pétroliers et gaziers en eaux profondes, afin d'attirer 50 milliards de dollars d'investissements.
- Le nouveau décret sur les mesures d'incitation promulgué par le président Bola Tinubu vise à relancer les projets en retard et à harmoniser les mesures d'incitation entre les différents projets de développement.
- Le projet « Bonga South West » de Shell, dont le coût s'élève à 10 milliards de dollars, sera le premier à en bénéficier, les mesures d'incitation étant en vigueur jusqu'au 31 décembre 2029.
Le Nigeria propose des crédits d'impôt pouvant atteindre 11,50 dollars par baril afin d'attirer jusqu'à 50 milliards de dollars dans des projets pétroliers et gaziers en eaux profondes. Le président Bola Tinubu a approuvé, le 11 août, le décret relatif aux mesures d'incitation pour les projets pétroliers et gaziers en eaux profondes, qui remplace les négociations au cas par cas par des règles s'appliquant à l'ensemble des projets éligibles. Les projets gaziers peuvent bénéficier de crédits pouvant atteindre 8 dollars par baril d’équivalent pétrole.
Le premier projet qui devrait bénéficier de ce dispositif est celui de Bonga South West, développé par Shell, qui pourrait nécessiter environ 10 milliards de dollars et faire l’objet d’une décision finale d’investissement en 2027. Shell étudie ce projet depuis près de 20 ans. Le Nigeria souhaite que ces nouvelles conditions relancent des projets retardés par les coûts, les changements de politique et la concurrence pour les capitaux de la part d’autres pays producteurs de pétrole.
Pour les gisements en eaux profondes dont les réserves ne dépassent pas 400 millions de barils, le crédit standard est de 3 dollars par baril ou de 20 % du prix fiscal du pétrole, le montant le plus bas étant retenu. Les projets de plus grande envergure peuvent bénéficier de 4,50 dollars par baril selon le même critère. Des crédits supplémentaires peuvent porter l’avantage total jusqu’au plafond de 11,50 dollars. Ces mesures incitatives sont valables jusqu’au 31 décembre 2029.
Ce cadre permet également aux projets éligibles de redéfinir la répartition des bénéfices et du pétrole à 70/30 entre les contractants et l’État. Les projets peuvent faire l’objet d’un cantonnement à des fins de recouvrement des coûts et d’optimisation fiscale. La NNPC peut modifier les contrats de partage de production si nécessaire, tandis que les entreprises seront invitées à recourir, dans la mesure du possible, à des services nigérians d’ingénierie, de fabrication, de logistique maritime et d’assistance technique.
Le Nigeria cherche à inverser la tendance à la baisse des investissements et de la production en amont après des années de vols de brut, de dommages aux oléoducs et d’incertitude politique. La production est passée de plus de 2 millions de barils par jour à environ 1,6 million. Le gouvernement mise sur le fait que des règles fixes et des allègements fiscaux permettront aux gisements offshore en perte de vitesse de rivaliser pour attirer les capitaux avec des projets en Angola, en Namibie et au Mozambique.
Points clés à retenir
Le principal changement ne réside pas dans le montant du crédit d’impôt, mais dans le passage de négociations ponctuelles à un cadre que les investisseurs peuvent appliquer à l’ensemble de leurs projets. Les projets en eaux profondes coûtent des milliards de dollars et peuvent prendre des années avant que la production ne démarre ; les entreprises ont donc besoin de connaître les conditions fiscales et de partage de la production avant d’engager des capitaux. Le Nigeria a déjà tenté par le passé de relancer les investissements offshore. Les mesures incitatives annoncées en 2024 et les crédits de coûts introduits en 2025 n’ont pas entraîné une vague d’approbations de projets. Le nouveau dispositif tente de remédier à cela en fixant des règles d’éligibilité, des plafonds fiscaux et des délais, tout en permettant aux projets de récupérer leurs coûts séparément. Bonga South West constituera le premier test. Une incitation fiscale ne garantit pas que Shell approuvera le projet, dont la décision dépendra toujours des coûts, des partenaires et des rendements attendus. S’il voit le jour, cela pourrait démontrer que le Nigeria est à nouveau en mesure d’attirer des capitaux pour les projets en eaux profondes après avoir perdu des projets au profit d’autres marchés africains. L’objectif de 50 milliards de dollars nécessitera plusieurs projets, et non un seul gisement. Le Nigeria doit également trouver un équilibre entre la baisse des recettes fiscales et les emplois, la production et les recettes d’exportation que ces nouveaux développements pourraient générer. Ce cadre reste en vigueur jusqu’à fin 2029, ce qui laisse au gouvernement une marge de manœuvre limitée pour transformer les incitations annoncées en décisions d’investissement définitives.

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