L'inflation en Afrique du Sud recule à 4,3 %, ce qui renforce les arguments en faveur du maintien des taux
TLDR
- Le taux d'inflation en Afrique du Sud a reculé plus que prévu en juillet, passant de 5 % en juin à 4,3 %, grâce à la baisse des prix des carburants et des denrées alimentaires.
- L'inflation sous-jacente a légèrement augmenté pour s'établir à 4,2 %, ce qui témoigne de la persistance des pressions sur les prix hors produits alimentaires et carburants.
- La décision de la Banque centrale sud-africaine concernant les taux d'intérêt en septembre reste incertaine, compte tenu des influences potentielles des cours du pétrole, des anticipations d'inflation et de la croissance économique.
Le taux d'inflation sud-africain a reculé plus que prévu en juillet, ce qui donne à la banque centrale une plus grande marge de manœuvre pour maintenir ses taux d'intérêt inchangés, alors qu'elle évalue l'impact des cours du pétrole et de la guerre en Iran. Les prix à la consommation ont progressé de 4,3 % par rapport à l'année précédente, contre 5 % en juin, et se situent en dessous de la prévision médiane de 4,5 % issue d'une enquête Bloomberg. Les prix ont augmenté de 0,2 % par rapport à juin.
La baisse des prix des carburants et des denrées alimentaires a largement contribué à ce ralentissement. Les prix de l’essence ont baissé de 7,1 % en juillet et ceux du diesel de 11,7 %, faisant passer l’inflation annuelle dans le secteur des transports de 12,7 % à 8,9 %. L’inflation alimentaire a ralenti à 0,6 %, son plus bas niveau depuis 2010, la production céréalière ayant fait baisser les prix de produits tels que la semoule de maïs et le pain. Les hausses des tarifs municipaux ont également été moins importantes qu’un an auparavant.
Les pressions sous-jacentes sur les prix étaient moins évidentes. L’inflation sous-jacente, qui exclut les denrées alimentaires et l’énergie, est passée de 4,1 % en juin à 4,2 %. L’inflation des services s’est modérée, passant de 5,2 % à 5 %, tandis que celle des biens a reculé de 4,8 % à 3,4 %. Le rand s’est apprécié à la suite de la publication de ces données, s’échangeant en hausse d’environ 0,5 % à 16,18 pour un dollar.
La Banque centrale sud-africaine a maintenu son taux directeur à 7 % en juillet, après l’avoir relevé de 25 points de base en mai. Quatre membres du comité de politique monétaire se sont prononcés en faveur du statu quo, tandis que deux ont soutenu une nouvelle hausse. La banque s’efforce de ramener l’inflation vers son objectif de 3 %, tout en évaluant les risques liés aux cours du pétrole, aux anticipations d’inflation et à la faiblesse de la croissance économique.
Sa prochaine décision est attendue le 23 septembre. Les marchés des taux à terme tablent toujours sur une probabilité d’environ 70 % d’une hausse de 25 points de base, bien que les économistes soient divisés. Citigroup estime qu’une nouvelle hausse est envisageable, tandis que Goldman Sachs prévoit que les taux resteront à 7 % jusqu’à la fin de 2026 avant que des baisses ne commencent début 2027.
Points clés à retenir
Les chiffres de juillet allègent la pression qui pèse sur la Banque centrale sud-africaine pour qu’elle relève à nouveau ses taux, mais ils ne tranchent pas la question de la décision de septembre. L’inflation, à 4,3 %, est en baisse par rapport aux 5 % enregistrés en juin, et cette baisse est en grande partie due à la chute des prix du carburant et des denrées alimentaires. Ces deux facteurs sont susceptibles d’évoluer. Les cours du pétrole restent exposés au conflit avec l'Iran, tandis que la banque centrale a averti qu'un nouveau choc énergétique pourrait faire grimper l'inflation. L'inflation sous-jacente a également progressé à 4,2 %, ce qui montre que certaines pressions sur les prix persistent en dehors des secteurs de l'alimentation et des carburants. L'objectif d'inflation de 3 % fixé par la banque ajoute une autre source de préoccupation. L’inflation globale reste supérieure à ce niveau, et celle des services se maintient à 5 %. La hausse des taux en mai et le statu quo en juillet montrent que les décideurs politiques préfèrent attendre davantage de données plutôt que de réagir à chaque fluctuation mensuelle. Une inflation plus faible profite également aux consommateurs, car elle ralentit la perte de pouvoir d’achat et réduit la nécessité d’augmenter les coûts d’emprunt. Pour les investisseurs, la réunion de septembre dépendra de la poursuite ou non de la baisse observée en juillet, de l’évolution des cours du pétrole et de la capacité du rand à conserver ses gains. Une baisse durable de l’inflation pourrait faire basculer le débat : non plus sur de nouvelles hausses des taux, mais sur la date à laquelle les premières baisses de taux pourraient intervenir en 2027.

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