Tether et la NSE étudient la possibilité de proposer des titres tokenisés au Kenya
TLDR
- Tether s'associe à la Bourse de Nairobi pour explorer les possibilités de formation aux actifs numériques et de mise en place de systèmes de marché basés sur la blockchain au Kenya.
- Des sessions de formation et des ateliers sont prévus à l'intention des courtiers et des investisseurs afin de leur permettre de mieux comprendre les actifs numériques en lien avec les marchés financiers.
- Évaluation de la plateforme Hadron pour la tokenisation d'actifs en vue de l'émission de titres numériques, ce qui pourrait permettre la propriété fractionnée et élargir ainsi l'accès à ces titres.
Tether a signé un protocole d'accord avec la Bourse de Nairobi afin d'étudier la formation aux actifs numériques, les titres tokenisés et les systèmes de marché basés sur la blockchain au Kenya. Cet accord, annoncé le 28 juillet, n'entraîne ni le lancement d'un produit ni l'autorisation d'utiliser le stablecoin USDT de Tether sur cette bourse. Il définit des axes de recherche, de formation, de tests, de projets pilotes et d’initiatives.
Les partenaires prévoient d’organiser des sessions de formation et des ateliers destinés aux courtiers et aux investisseurs particuliers. Le programme expliquera comment les actifs numériques pourraient s’intégrer aux marchés de capitaux. La Bourse de Nairobi (NSE), dont la capitalisation boursière s’élève à environ 26,4 milliards de dollars, négocie des actions, des obligations et des produits dérivés pour le compte d’investisseurs locaux et étrangers. La Bourse souhaite également accroître la participation et attirer davantage d’investisseurs sur le marché.
Tether et la NSE évalueront l’utilisation d’Hadron, la plateforme de tokenisation d’actifs de Tether, pour émettre et négocier des versions numériques de titres. Ces travaux pourraient inclure la propriété fractionnée, qui permettrait aux investisseurs d’acheter des parts plus modestes d’actifs et d’élargir l’accès aux Kenyans résidant à l’étranger. La tokenisation pourrait également offrir aux émetteurs un autre moyen de distribuer des titres et de tenir des registres de propriété.
Une autre partie de l’accord porte sur le règlement et l’intégration des investisseurs. Le marché boursier kenyan utilise un cycle T+3, ce qui signifie que les liquidités et les titres changent de mains trois jours ouvrables après une transaction. Les partenaires étudieront le règlement instantané ainsi que les contrôles numériques au regard des règles de lutte contre le blanchiment d’argent et d’identification des clients. Un règlement plus rapide pourrait réduire les liquidités et le temps immobilisés après les transactions.
Ils examineront également si l’USDT pourrait servir de couche de règlement là où les régulateurs l’autorisent. Tout déploiement nécessiterait une autorisation dans le cadre de la réglementation kenyane des marchés de capitaux et de sa loi sur les prestataires de services d’actifs virtuels. Frank Mwiti, directeur général de la NSE, a déclaré que ce projet s’inscrit dans le plan 2025-2029 de la bourse, qui vise à tirer parti de la technologie, à accroître la participation et à élargir l’accès. Paolo Ardoino, directeur général de Tether, a indiqué que l’objectif était de soutenir l’utilisation institutionnelle des actifs numériques.
Points clés à retenir
Cet accord revêt une importance particulière car il établit un lien entre une bourse et la société à l’origine du plus grand stablecoin libellé en dollars, mais il s’agit pour l’instant d’un projet d’étude plutôt que d’un lancement sur le marché. La tokenisation permet de diviser des actions ou des obligations en unités plus petites, d’enregistrer la propriété sur une blockchain et de régler les transactions dès que le paiement est effectué. Pour les investisseurs, cela pourrait réduire les montants d’entrée, raccourcir les délais d’attente et faciliter l’accès depuis la diaspora. Pour les courtiers et les émetteurs, cela pourrait alléger la charge administrative et ouvrir un nouveau canal de distribution. Les limites sont tout aussi importantes que les promesses. Un token n’élimine pas le risque lié à l’entreprise, le risque de prix ni la nécessité d’une conservation des actifs et d’une protection des investisseurs. L’utilisation de l’USDT soulèverait également des questions concernant les portefeuilles, les réserves, les contrôles de cybersécurité, l’exposition au dollar et la gestion des litiges. Le Kenya dispose d’une loi sur les prestataires de services d’actifs virtuels et d’un règlement de 2026, qui offrent au projet un cadre juridique, mais l’Autorité des marchés de capitaux devrait tout de même approuver l’activité liée aux valeurs mobilières. Le système T+3 actuel assure déjà le règlement en espèces via le réseau de paiement de la banque centrale ; un nouveau modèle doit donc démontrer qu’il apporte des améliorations en termes de coût, de rapidité et de sécurité. Le prochain signe d’avancement sera un projet pilote comportant des actifs, des utilisateurs et des règles bien définis, ainsi qu’une autorisation réglementaire, et non le protocole d’accord lui-même.

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