Africa50 lève 50 millions de dollars auprès d'institutions financières de développement européennes pour son fonds dédié aux infrastructures vertes
TLDR
- Africa50 obtient 50 millions de dollars d'engagements pour des projets d'infrastructures climatiques en Afrique
- La Cassa Depositi e Prestiti (Italie) s'engage à hauteur de 40 millions de dollars, tandis que Proparco (France) s'engage à hauteur de 10 millions de dollars dans le fonds AGIA-PD
- Ce fonds a pour objectif de fournir des capitaux de démarrage à des projets afin d'attirer des investisseurs en dette et en capitaux propres
Africa50 a obtenu 50 millions de dollars d’engagements de la part de deux institutions de financement du développement pour un fonds destiné à préparer des projets d’infrastructures climatiques en vue d’investissements à travers l’Afrique. La Cassa Depositi e Prestiti (Italie) s’est engagée à verser 40 millions de dollars au Fonds de développement de projets de l’Alliance pour les infrastructures vertes en Afrique (AGIA-PD), tandis que Proparco (France) s’est engagée à verser 10 millions de dollars.
Le fonds AGIA-PD apporte des capitaux de démarrage aux projets avant que le financement de la construction ne soit obtenu. Ces fonds peuvent servir à financer des études de faisabilité, des travaux techniques, la conception des projets et d’autres étapes nécessaires pour rendre les projets d’infrastructure prêts à accueillir des investisseurs en dette et en capitaux propres. Africa50 gère ce fonds et souligne que le développement des projets reste un frein aux investissements privés dans les infrastructures à travers le continent.
L’AGIA-PD a réalisé une première clôture à hauteur de 118 millions de dollars en août 2025. Parmi les investisseurs figuraient la Banque africaine de développement, la KfW allemande, la Banque ouest-africaine de développement, le ministère britannique des Affaires étrangères, du Commonwealth et du Développement, le Fonds Soros pour le développement économique et la Fondation africaine pour le climat. Le fonds vise un montant total d’engagements de 400 millions de dollars.
Africa50 estime que le fonds pourrait contribuer à créer jusqu’à 10 milliards de dollars d’opportunités d’investissement dans des infrastructures vertes bancables. Les projets peuvent concerner des secteurs liés à la résilience climatique et à la transition énergétique. Ces engagements de 50 millions de dollars ont été annoncés lors du forum « Infra for Africa » organisé par Africa50 à Dar es Salaam le 5 août.
Africa50 est soutenu par des gouvernements et des institutions financières africains et investit dans le développement et le financement des infrastructures. L’engagement du CDP s’inscrit dans le cadre du Fonds italien pour le climat et soutient le « Plan Mattei pour l’Afrique » de l’Italie. Proparco a indiqué que son investissement visait à élargir le portefeuille de projets d’infrastructures vertes et à soutenir la transition énergétique du continent.
Points clés à retenir
Ces 50 millions de dollars sont essentiels, car le problème des infrastructures en Afrique ne se résume pas à un simple manque de fonds pour la construction. De nombreux projets n’atteignent jamais le stade où les banques, les fonds de pension ou les investisseurs dans les infrastructures peuvent les financer. Avant qu’une centrale électrique, une liaison de transport ou un projet hydraulique puisse lever d’importants capitaux, les promoteurs doivent financer les études, les autorisations, l’ingénierie, les démarches juridiques et la structuration financière. AGIA-PD est conçu pour prendre en charge ce risque initial. Son objectif de levée de fonds de 400 millions de dollars est modeste par rapport aux 10 milliards de dollars d’opportunités d’investissement qu’Africa50 estime pouvoir aider à créer, ce qui implique environ 25 dollars de projets potentiels pour chaque dollar de capital du fonds. Ces 10 milliards de dollars constituent un objectif de pipeline de projets, et non des dépenses de construction engagées ; les projets devront encore obtenir un financement et les autorisations nécessaires avant le début des travaux. Le modèle repose sur l’utilisation de capitaux de développement pour absorber les risques que les investisseurs privés pourraient ne pas vouloir prendre au départ. L’arrivée du CDP et de Proparco élargit également le groupe d’institutions soutenant le fonds au-delà de sa première clôture. La prochaine étape consistera à déterminer quelle part du capital sera déployée dans des projets et combien de ces projets aboutiront à une clôture financière. La levée de fonds pour la préparation des projets permet de lever un obstacle ; c’est la transformation de ces projets préparés en infrastructures opérationnelles qui déterminera l’impact du fonds.

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