Le Nigeria maintient ses taux d'intérêt à 26,5 % alors que les risques d'inflation persistent
TLDR
- La Banque centrale du Nigeria maintient son taux d'intérêt de référence à 26,5 % dans un contexte d'inquiétudes concernant les prix mondiaux de l'énergie et la stabilité des prix.
- Le Comité de politique monétaire maintient son taux directeur inchangé, soulignant ainsi sa prudence malgré un léger ralentissement du taux d'inflation annuel.
- La persistance des risques externes liés aux tensions au Moyen-Orient pourrait avoir des répercussions sur les coûts de l'énergie et l'inflation importée, ce qui pourrait influencer les futures décisions en matière de baisse des taux.
La banque centrale du Nigeria a maintenu son taux directeur inchangé à 26,5 %, prolongeant ainsi la pause dans son cycle d'assouplissement monétaire, alors que les décideurs politiques ont dû mettre en balance le ralentissement de l'inflation et les risques renouvelés liés à la hausse des prix mondiaux de l'énergie, elle-même liée aux tensions au Moyen-Orient.
Lors de sa 306e réunion à Abuja, le Comité de politique monétaire a voté à l’unanimité le maintien du taux directeur à 26,5 %. Il a également maintenu le ratio de réserves obligatoires à 45 % pour les banques de dépôt, à 16 % pour les banques d’affaires et à 75 % pour les dépôts du secteur public hors TSA. Cette décision correspond aux prévisions des économistes interrogés avant la réunion.
Le gouverneur Olayemi Cardoso a déclaré que le comité avait choisi de maintenir une position prudente, même après que le taux d’inflation annuel du Nigeria a légèrement reculé, passant de 15,93 % en mai à 15,91 % en juin. Alors que l’inflation globale s’est stabilisée, les décideurs politiques ont averti que la recrudescence des tensions au Moyen-Orient pourrait faire grimper les coûts de l’énergie, alimenter l’inflation importée et exercer une nouvelle pression sur les prix. Le Nigeria a bénéficié d’une augmentation de sa capacité de raffinage nationale, ce qui a contribué à amortir l’impact de la hausse des cours mondiaux du pétrole, mais la banque centrale a indiqué que les risques externes restaient élevés.
Cette décision marque la deuxième réunion consécutive au cours de laquelle le Comité de politique monétaire (MPC) a maintenu ses taux inchangés, après avoir abaissé le taux directeur de 50 points de base plus tôt cette année. Les marchés vont désormais observer si le ralentissement de l’inflation et l’amélioration de la stabilité des taux de change créeront une marge de manœuvre pour des baisses de taux plus tard en 2026, ou si des chocs externes maintiendront les coûts d’emprunt à un niveau élevé pendant plus longtemps.
Points clés à retenir
La Banque centrale du Nigeria laisse entendre que la lutte contre l’inflation n’est pas encore terminée. Bien que l’inflation globale ait cessé de progresser et que le naira se soit stabilisé, les décideurs politiques restent préoccupés par le fait que les événements mondiaux pourraient rapidement réduire à néant les progrès récents. Le conflit au Moyen-Orient a ravivé les craintes concernant la hausse des coûts du pétrole, des carburants et du transport maritime, qui peuvent tous alimenter l’inflation nationale via les transports, l’alimentation et les biens importés. En laissant ses taux inchangés, le Comité de politique monétaire (MPC) privilégie la stabilité des prix au détriment d’une croissance économique plus rapide, dans l’espoir de préserver la confiance dans le naira tout en empêchant les anticipations inflationnistes de s’ancrer. La position du Nigeria s’inscrit également dans une tendance plus large à l’échelle de l’Afrique. Plusieurs banques centrales, notamment celles du Ghana, du Kenya et de l’Ouganda, devraient maintenir des politiques monétaires restrictives tandis qu’elles évaluent l’impact de la hausse des prix de l’énergie et de l’incertitude mondiale. Alors que certaines économies africaines s’apprêtaient à abaisser le coût de l’emprunt après le ralentissement de l’inflation observé en début d’année, l’évolution du contexte géopolitique a incité les décideurs politiques à faire preuve de plus de prudence. Pour les investisseurs, cette décision renforce l’engagement du Nigeria en faveur de la stabilité macroéconomique et suggère que toute future baisse des taux dépendra d’une baisse durable de l’inflation plutôt que d’une simple amélioration des données sur un seul mois.

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