Les places boursières africaines enregistrent une croissance record grâce à l'élargissement de l'accès des particuliers
TLDR
- Les places boursières africaines dépassent les 2 000 milliards de dollars de capitalisation boursière cumulée, affichant une croissance significative depuis 2024.
- L'indice NGX All-Share du Nigeria a bondi de 283 % entre 2020 et 2024, atteignant une capitalisation boursière de 157 000 milliards de nairas.
- La Bourse régionale des valeurs mobilières a enregistré une croissance spectaculaire : d'ici juin 2026, la capitalisation boursière aura doublé et le marché obligataire aura quintuplé.
Selon l’Association africaine des bourses de valeurs, la capitalisation boursière cumulée des places boursières africaines a franchi la barre des 2 000 milliards de dollars, contre 1 600 milliards en 2024. Cette progression fait suite à une décennie d’expansion soutenue des marchés de capitaux du continent, de Lagos à Abidjan en passant par Le Caire.
Le Nigeria arrive en tête. L’indice NGX All-Share a progressé de 283 % depuis 2020, passant de 26 842 points fin 2019 à 102 926 points en décembre 2024. En juin 2026, l’indice s’établissait à près de 9 fois son niveau de 2016. La capitalisation boursière s’élève à 157 000 milliards de nairas, soit près de 115 milliards de dollars.
La Bourse régionale des valeurs mobilières, qui regroupe huit pays d’Afrique de l’Ouest, a également enregistré des progrès. La capitalisation boursière des actions est passée de 7,7 billions de XOF (13,5 milliards de dollars) en 2016 à 17 billions de XOF (29,8 milliards de dollars) en juin 2026. Le marché obligataire a connu une croissance plus rapide, passant de 2 500 milliards de francs CFA (4,4 milliards de dollars) à 12 000 milliards de francs CFA (21 milliards de dollars). La capitalisation combinée dépasse désormais les 29 000 milliards de francs CFA (51 milliards de dollars).
L’année 2025 s’est démarquée. L’indice composite BRVM a progressé de 26 % jusqu’en juin 2026. L’indice Principal a augmenté de 57,59 % sur l’année, et l’indice agricole a grimpé de 73,35 %. Les émetteurs obligataires ont levé 1 639 milliards de francs CFA (2,9 milliards de dollars) grâce à 29 nouvelles cotations en 2024.
Des risques subsistent. L’instabilité politique au Sahel, la faible liquidité sur les petites places boursières et les fluctuations monétaires en dehors de la zone CFA peuvent peser sur les rendements. Malgré tout, la BRVM se négocie à 12,17 fois les bénéfices, un niveau que les investisseurs jugent bon marché pour un marché émergent.
Points clés à retenir
Les bourses africaines s'interconnectent également. Début juillet 2026, le projet « African Exchanges Linkage » est entré dans une nouvelle phase, le nombre de marchés connectés passant de 7 à 11 avec l'arrivée du Botswana, du Ghana, de l'Eswatini et de l'Ouganda. Ce projet, mené par l’Association africaine des bourses de valeurs et la Banque africaine de développement, permet aux courtiers d’un pays de transmettre des ordres vers les marchés d’un autre pays, sans que les investisseurs aient à ouvrir de comptes à l’étranger. L’objectif est de parvenir, d’ici 2030, à un marché des capitaux africain pleinement intégré, qui permette de conserver davantage d’épargne locale sur le continent plutôt que de la voir partir vers Londres, New York ou Dubaï. Les promoteurs du projet mettent en avant la démographie comme moteur principal : environ 60 % de la population africaine a moins de 25 ans, un vivier de futurs investisseurs sur lequel les bourses comptent à mesure que les infrastructures de négociation mûrissent et que l’accès s’élargit.

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