Selon le FMI, l'Afrique a besoin d'un nouveau modèle de croissance pour augmenter les revenus
TLDR
- Le FMI souligne la nécessité de privilégier l'investissement privé, la productivité et la création d'emplois en Afrique subsaharienne pour assurer une croissance durable.
- Des réformes en matière de gouvernance, de règles commerciales et d'ouverture des marchés pourraient permettre d'augmenter la production régionale de 20 % sur une période de 5 à 10 ans.
- Le FMI considère qu'une gouvernance défaillante, des conditions économiques défavorables et une ouverture limitée des marchés constituent des obstacles majeurs à la croissance dans la région.
L'Afrique subsaharienne a besoin d'un nouveau modèle de croissance pour renouer avec la hausse des revenus, a déclaré le Fonds monétaire international (FMI), avertissant que les dépenses publiques ne peuvent plus soutenir l'expansion économique de la région.
Le FMI a indiqué que des réformes en matière de gouvernance, de réglementation des entreprises et d’ouverture des marchés pourraient augmenter la production régionale d’environ 20 % sur une période de 5 à 10 ans, à condition que les pays maintiennent leur stabilité macroéconomique. L’objectif n’est pas la réforme pour la réforme, mais une réorientation vers l’investissement privé, la productivité et la création d’emplois, ont précisé les économistes du FMI.
Au rythme actuel, il faudrait près de 50 ans pour que le revenu par habitant de la région double. Le PIB réel par habitant a progressé d’environ 1,4 % par an au cours des trois dernières années, contre 3,4 % dans les autres économies émergentes et en développement.
Le FMI a indiqué que les principaux obstacles sont une gouvernance défaillante, des conditions d’activité défavorables et une ouverture limitée des marchés. Il a également appelé à des changements au sein des entreprises publiques, principalement dans les secteurs de l’énergie et des transports, où la médiocrité des services et les coûts élevés freinent les entreprises.
L’institution financière a cité la Côte d’Ivoire et le Botswana comme exemples de ce que les réformes peuvent apporter. La Côte d’Ivoire a attiré davantage d’investissements depuis le lancement des réformes en 2011, avec des investissements directs étrangers supérieurs à 3,3 milliards de dollars en 2024. Le Botswana a été cité pour sa gestion des ressources naturelles. Le FMI a déclaré que les gouvernements devaient associer les réformes à un soutien aux ménages pauvres et à un renforcement de l’administration publique, sous peine de retarder d’une décennie supplémentaire la convergence avec le reste du monde.
Points clés à retenir
Le problème de l’Afrique subsaharienne ne réside pas seulement dans la faiblesse de la croissance, mais aussi dans la source de cette croissance. De nombreux gouvernements ont eu recours aux investissements publics, aux subventions et à l’emprunt pour soutenir l’activité après les chocs passés. Ce modèle est désormais plus difficile à financer, car la dette est élevée, les coûts d’intérêt ont augmenté et les flux d’aide sont sous pression. Pour passer à une croissance tirée par le secteur privé, les pays doivent faciliter la création et l’expansion des entreprises, leurs échanges commerciaux, leur accès à l’électricité, le transport de leurs marchandises et leur accès au financement. Pour les investisseurs, le message est clair : le rythme des réformes peut être tout aussi important que la croissance nominale du PIB. Les pays qui améliorent leur réglementation, leurs ports, leur approvisionnement en électricité, leur fiscalité et leur gouvernance peuvent attirer des capitaux et générer une croissance des bénéfices pour les sociétés cotées. Ceux qui tardent à agir risquent de se heurter à une faible productivité, à des tensions sur leur monnaie et à des restrictions budgétaires. Le FMI souligne également que les réformes doivent être crédibles. La réduction des formalités administratives sans une amélioration du système judiciaire, une politique stable et une protection des groupes vulnérables pourrait ne pas suffire. La région dispose d’une main-d’œuvre jeune, mais la création d’emplois dépendra des entreprises, et non pas uniquement des États.

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