La dette publique de la CEMAC atteint 10,56 billions de francs CFA alors que les taux d'intérêt augmentent
TLDR
- L'encours des titres du Trésor dans la région de la CEMAC a atteint 10 560 milliards de francs CFA à la fin du mois de juillet, le Gabon se positionnant comme le premier émetteur.
- Les coûts d'emprunt ont augmenté à mesure que les gouvernements cherchaient à lever davantage de fonds, les taux variant selon les différentes émissions d'obligations d'État.
- La composition de l'assise d'investisseurs évolue : les opérateurs principaux détiennent 64,4 % des titres, les investisseurs institutionnels 20,4 % et les particuliers 379,9 milliards de francs CFA.
L'encours des titres du Trésor dans la région des six pays de la CEMAC a atteint 10 560 milliards de francs CFA à la fin du mois de juillet, soit une hausse de 3,34 % par rapport aux 10 220 milliards de francs CFA enregistrés en juin, selon la Banque des États de l'Afrique centrale. Cette hausse a porté le ratio d’endettement public à 13,3 % du PIB régional, contre 12,9 % un mois plus tôt et 12 % à la fin de l’année 2025.
Le Gabon est devenu le premier émetteur de la région, avec 3 420 milliards de XOF de titres en circulation, suivi du Congo avec 3 040 milliards de XOF et du Cameroun avec 2 060 milliards de XOF. Le Gabon a enregistré la plus forte hausse en valeur nominale au cours du mois de juillet. La République centrafricaine et le Tchad ont également vu leur encours de dette augmenter, tandis que la Guinée équatoriale a enregistré une baisse de 1,55 %.
Les coûts d’emprunt ont augmenté, les gouvernements cherchant à lever davantage de fonds. Le taux moyen des nouveaux titres est passé de 8,29 % en juin à 8,53 % en juillet. Le taux moyen des obligations d’État gabonaises a grimpé de 9 % à 10,13 %, tandis que celui du Cameroun a chuté à 7,36 %, ce qui témoigne d’un écart plus important entre les taux exigés par les investisseurs selon les différents gouvernements.
La demande s’est améliorée mais est restée inférieure aux niveaux observés au début du développement du marché. Le taux de souscription moyen des nouvelles émissions est passé de 72,44 % en juin à 76,23 %. Les spécialistes des titres du Trésor ont augmenté leur taux de participation, le faisant passer de 20,13 % à 22,05 %. En 2018, les taux de souscription moyens dépassaient les 200 %, ce qui illustre l’évolution de la demande des investisseurs à mesure que le marché se développait.
La base d’investisseurs évolue également. Les opérateurs primaires détenaient 6 800 milliards de francs CFA, soit 64,4 % des titres en circulation, contre 80,8 % en 2018. Les investisseurs institutionnels détenaient 2 150 milliards de francs CFA, soit 20,4 %, tandis que les particuliers détenaient 379,9 milliards de francs CFA. Cette évolution permet aux gouvernements d’accéder à davantage de types d’investisseurs à mesure que les émissions augmentent, mais la hausse des taux montre que ces acheteurs exigent une rémunération plus élevée pour prêter.
Key Takeaways
Les gouvernements de la CEMAC empruntent davantage sur le marché régional, mais les chiffres de juillet montrent que ce financement devient plus coûteux et moins automatique. L'encours des titres a atteint 13,3 % du PIB régional, contre 12 % à la fin de 2025, poursuivant ainsi une tendance à la hausse observée depuis 2021. Dans le même temps, le coût moyen des nouveaux emprunts a atteint 8,53 %, tandis que le Gabon a payé plus de 10 % sur ses obligations d’État. Cela a son importance, car des rendements plus élevés augmentent les charges d’intérêts futures et peuvent réduire la marge de manœuvre budgétaire consacrée aux services publics et à l’investissement. Le taux de souscription de 76,23 % montre également que les investisseurs ne se portent pas acquéreurs de tous les titres proposés, ce qui oblige les gouvernements à se livrer à une concurrence accrue pour attirer l’épargne disponible. Un changement pourrait aider le marché à absorber davantage d’émissions : la détention des titres s’étend au-delà des courtiers principaux. Les investisseurs institutionnels détiennent désormais 20,4 % de la dette en circulation, contre une part quasi nulle il y a huit ans, tandis que la part des courtiers est tombée à 64,4 %. Une base d’investisseurs plus large peut réduire la dépendance vis-à-vis des banques et améliorer la profondeur du marché. La question principale est de savoir si cette croissance pourra suivre le rythme des emprunts publics. Si les émissions continuent d’augmenter plus rapidement que la demande, les rendements pourraient rester élevés et la pression sur le refinancement pourrait s’accentuer dans toute la région.

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